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Bako Rambinintsoa, la princesse aux doigts de fée

Par Hery Andriamianda le 3 Juin 2016

 

Connue par un cercle d’initiés sous le nom de Bako Rambini, cette jeune femme merina au sang bleu a créé en 2015 Fashion Cross Functional, une société de conseil dédiée aux créateurs de mode. Portrait de cette jeune styliste pleine d’ambition, moins utopiste qu’il n’y paraît si l’on se réfère à son parcours international et son caractère bien trempé.

 

Elle revient souvent dans la grande île pour voir sa mère mais aussi pour préparer l’avenir. Dans les années 1980, elle a pu y constater le sacrifice de toute une génération bercée par l’illusion d’un socialisme ravageur, mais semble optimiste en voyant cette jeunesse assoiffée de savoir, le sourire au coin des lèvres en dépit d’une crise économique qui perdure. Son objectif ? « Accompagner les créateurs en direct afin d’approfondir ensemble les leçons à tirer, leur donner les clés nécessaires pour lancer une marque et créer un impact. Madagascar fait bien entendu partie des pays que je veux accompagner. » Aujourd’hui, la main d’œuvre malgache est très prisée en qualité de sous-traitant. L’Occident est peu enclin à l’admettre, mais de nombreuses marques occidentales opérant dans le secteur du luxe font confectionner leurs produits sur l’île. Bako Rambinintsoa précise : « Je veux que mon pays soit reconnu, au-delà des souterrains du secteur de la mode, que notre savoir-faire soit officiellement identifié comme étant un gage de qualité, que des créateurs de mode malgaches puissent eux aussi s’épanouir. Et pour cela il faudra permettre à des jeunes d’acquérir le langage et les outils nécessaires pour monter une collection cohérente et pertinente aux yeux du monde entier.» Pour réaliser ses projets, Bako Rambinintsoa met en place avec un ami l’association Aina Malagasy.

 

 

DES ÉTUDES CLASSIQUES

Issue d’une famille patricienne tananarivienne de brodeurs d’or (atelier ouvert en 1937) descendants du prince Andriandranando, connu pour sa maîtrise de l’orfèvrerie, Bako est née à Alger en 1980, où son père travaillait comme ingénieur d’État, pour le compte de l’entreprise allemande Rhein Ruhr Ingenieurgesellschaft (1972- 1987). Pendant sept ans, la famille multiplia donc les allers-retours entre Alger et Berlin avec quelques passages à Madagascar. De sa mère, Bako apprendra l’art des mondanités, ainsi que le tricot, le crochet et les bases de la couture, à un âge ou les petites filles jouent généralement à la poupée. L’année 1987 signe le retour définitif des Rambinintsoa à Madagascar, où Bako poursuit sa scolarité dans une école francophone : « D’un côté, l’apprentissage des us et coutumes traditionnels me familiarisait avec les bases de l’étiquette de la noblesse malgache, et de l’autre côté, l’école française me faisait découvrir l’histoire et la géographie françaises que j’ânonnais le soir, sans y comprendre grand-chose. » C’est son professeur de CM2 qui l’initiera à l’histoire de son pays, éveillant chez la fillette une passion pour la lecture qui ne l’a plus quittée depuis. Cette double culture lui ouvrira les portes du lycée français de Tananarive, qu’elle intégrera sur concours et où elle achèvera ses études secondaires. « J’ai gardé un excellent souvenir de ce lycée tourné vers l’international. Ce fut également pour moi l’occasion d’approfondir plusieurs activités extrascolaires comme la danse, la chorale. J’ai même accompagné l’orchestre philharmonique de Madagascar au piano », ajoute-t-elle. Ses résultats scolaires lui permettent de décrocher une bourse d’excellence, grâce à laquelle elle peut intégrer une classe préparatoire et accéder à une grande école.

Mais son rêve de devenir créatrice de mode s’évanouit alors qu’elle est sur le point de partir pour Düsseldorf. « L’école de mode ne faisant pas partie des options proposées dans le cadre de la bourse d’excellence, j’ai donc choisi la classe préparatoire HEC, qui restait la plus généraliste des options proposées. »

 

UN PARCOURS PROFESSIONNEL EXEMPLAIRE

Hors du cocon familial, la jeune fille se sent un peu fragile. « À 17 ans, je ne savais pas argumenter et je manquais cruellement d’assurance. L’apprentissage fut long mais après deux ans de classe préparatoire HEC, j’ai intégré l’ESC Bordeaux avec une spécialité en finance et contrôle de gestion. Toujours attirée par l’international, j’ai voulu compléter mon cursus scolaire à l’étranger. J’ai donc terminé ma scolarité à la WHU (Otto Beisheim School of Management) de Koblenz en Allemagne. » Ses deux premières expériences professionnelles la marquent. « Je recherchais un poste en audit à l’international permettant de comprendre le fonctionnement d’une entreprise. » Elle commence sa carrière au sein du groupe Mazars en Allemagne, effectue des missions de commissariat au compte pour des structures comme Thalès, Areva et Schneider Electric. « Cette expérience a été très formatrice. J’ai travaillé avec des Allemands et des Français, ce qui m’a permis d’apprendre un métier auprès de deux cultures de travail foncièrement différentes : j’étais conquise par la finesse des concepts français et l’efficacité de la méthodologie allemande. » Par la suite, elle est débauchée par le groupe canadien Alcan dont elle rejoint l’équipe d’audit interne, et œuvre dans un champ encore plus large comprenant non seulement les services financiers mais aussi les services ventes, achats et ressources humaines des filiales d’Alcan dans le monde entier. « J’ai pu voir les bonnes pratiques à mettre en place en fonction des régions du monde. Et surtout, j’ai eu la chance de travailler pour un groupe industriel coté qui affichait plus de 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires tout en se construisant autour de l’humain. Les valeurs occupaient une place de premier choix dans la vie de l’entreprise et cela se ressentait. C’était extraordinaire : les gens étaient très compétents et heureux de venir travailler. Chez Alcan, j’ai eu la preuve que le bonheur peut être rentable. »

 

LA DÉSILLUSION

Mais Alcan a ensuite été racheté par le groupe Rio Tinto. « Tout a changé, ils ont fermé mon département », explique la jeune femme. En passant d’une firme à l’autre, Bako Rambinintsoa pensait pourtant retrouver le même niveau d’engagement moral. « J’ai connu d’autres groupes dans l’industrie et la banque. Ce que j’ai vu et vécu ailleurs m’a profondément choquée. Dans certaines sociétés, des membres de la direction du groupe me demandaient de changer les résultats de mes contrôles pour ne pas faire figurer des informations concernant des personnes bien placées. Dans d’autres, j’ai vu des équipes entières souffrir, voire mourir de la tyrannie d’un dirigeant. Et puis le stress devenait invivable. Après quelques accidents de parcours, le décès de mon père et un burnout, j’ai compris qu’il me fallait prendre une nouvelle direction. » N’ayant pas trouvé de poste à son goût, Bako décide de retourner à ses premières amours –la mode, en suivant des formations intensives pour apprendre les bases du stylisme, le dessin de mode et le modélisme, et approfondir ses connaissances en couture et en broderie. « Je me formais en parallèle de mon travail et lorsque je prenais des vacances, j’accompagnais des créateurs de mode pour les aider à monter leur défilé, dessiner des pièces en complément de leur collection ou élaborer leur business plan. »

 

UNE RENAISSANCE FLAMBOYANTE

Cette immersion partielle dans le monde des créateurs l’aide à parfaitement assimiler les problématiques du milieu. « J’ai également pu analyser ce qui distingue le milieu de la mode des autres secteurs. Les créateurs avec qui j’ai travaillé ont tous été friands des méthodes de gestion que j’ai pu monter, ce qui m’a inspirée pour la société de conseil que j’ai créée. » Sa reconversion se met en place pas à pas. « Ce n’est qu’en 2015, après des années de réflexion, que j’ai créé Fashion Cross Functional, une société de conseil dédiée aux créateurs de mode. Notre offre vise à donner plus d’impact aux marques en proposant une panoplie de services allant de la définition de l’identité de marque au montage du business plan. » Bako a également publié The Fashion Business Plan, livret d’apprentissage destiné aux créateurs de mode, déjà disponible en prévente sur Amazon. « L’objectif est de rendre nos services accessibles aux créateurs qui en ont le plus besoin. J’ai écrit ce livre car j’ai vu l’entreprise de mon grand-père péricliter sans pouvoir agir alors qu’il est possible de lever des fonds pour financer des marques. Un créateur qui ne peut pas créer, cela prive le monde de belles choses et d’émotions pures. Il ne faut plus que ça arrive ».

 

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Forbes Afrique edition of May 2016 - Interview of Bako Rambinintsoa, founder of FXF Fashion business consulting company ABOUT US OUR NEWS OUR SERVICES OUR VALUES PRESS REFERENCES THE BLOG CONTACT HOW TO START A CLOTHING LINE

 

 

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